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Points clés à retenir
- Abattements renouvelables : chaque lien de parenté bénéficie d’un abattement spécifique (100 000 € pour un enfant, 80 724 € pour le conjoint, 31 865 € pour un petit-enfant) renouvelable tous les 15 ans.
- Barème progressif : après abattement, les droits sont calculés selon un barème par tranches allant de 5 % à 45 % pour la ligne directe, et jusqu’à 45 % entre époux.
- Donation démembrée : donner la nue-propriété tout en conservant l’usufruit réduit fortement la base taxable, avec un coefficient dépendant de l’âge du donateur.
- Obligation déclarative : toute donation, même exonérée, doit être déclarée dans le mois suivant le don (formulaire 2735) sous peine de pénalités.
Qu’est-ce que les droits de donation et quand sont-ils dus ?
Vous souhaitez transmettre une partie de votre patrimoine à vos enfants ou petits-enfants ? Combien allez-vous vraiment payer en droits de donation ? La réponse dépend de plusieurs facteurs : le lien de parenté, le montant donné et l’âge du donateur. Le calcul des droits est complexe et mal connu du grand public. Beaucoup pensent à tort que les dons entre époux sont exonérés, ou ignorent les abattements renouvelables. Cet article démêle le vrai du faux et fournit un guide complet pour 2026.
En droit fiscal français, toute donation entre vifs – qu’il s’agisse d’une somme d’argent, d’un bien mobilier ou immobilier – est soumise à l’impôt sur les mutations à titre gratuit. Ce principe est posé à l’article 757 du Code général des impôts. Seules les libéralités expressément exonérées par la loi échappent aux droits. Une idée reçue tenace veut que les donations entre époux ou partenaires de Pacs soient automatiquement exonérées. Il n’en est rien : contrairement aux successions (où le conjoint survivant est exonéré de droits de succession), les donations entre époux sont imposables, sauf à bénéficier d’un abattement spécifique. Sur le plan pratique, cet abattement de 80 724 € (2026) est renouvelable tous les 15 ans, mais il ne s’agit pas d’une exonération de principe.
Principe général d’imposition
L’impôt est dû par le donataire (celui qui reçoit), mais le donateur peut en prendre la charge – une pratique courante pour ne pas alourdir la charge du bénéficiaire. Le fait générateur est la date de la donation. Le barème applicable est celui en vigueur à cette date.
Exonérations et cas particuliers
Certaines donations échappent totalement à l’impôt : les dons familiaux de sommes d’argent exonérés jusqu’à 31 865 € (sous conditions d’âge du donateur et de majorité du bénéficiaire), les dons aux organismes d’intérêt général, ou encore les transmissions d’entreprises sous certaines conditions. Une donation à une personne handicapée ouvre droit à un abattement spécifique de 100 000 €, quel que soit le lien de parenté (art. 779 CGI).
Cette question soulève un enjeu souvent sous-estimé : la qualification de l’acte. Un simple virement bancaire peut être requalifié en donation si l’intention libérale est établie. Il convient donc de distinguer un prêt familial d’un don manuel, ne serait-ce que pour les obligations déclaratives.

Abattements applicables en 2026 : combien pouvez-vous donner sans droits ?
Avant tout calcul de droits, il faut appliquer l’abattement correspondant au lien de parenté entre donateur et donataire. Le tableau ci-dessous récapitule les abattements en vigueur en 2026, issus des données officielles de Service-Public.fr et de Laplace Groupe.
| Lien de parenté | Abattement 2026 | Référence légale |
|---|---|---|
| Enfant (ou descendant direct) | 100 000 € | Art. 779 CGI |
| Conjoint ou partenaire de Pacs | 80 724 € | Art. 790 E CGI |
| Petit-enfant | 31 865 € | Art. 790 B CGI |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | Art. 779 CGI |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Art. 788 CGI |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Art. 788 CGI |
| Personne handicapée (quel que soit le lien) | 100 000 € | Art. 779 CGI |
Ces abattements sont personnels à chaque donataire et se renouvellent tous les 15 ans pour un même donateur. Cela signifie que, pour un enfant, vous pouvez donner jusqu’à 100 000 € sans droits, et que ce crédit se reconstitue au bout de 15 ans. Un point souvent méconnu : le délai court à compter de la première donation, et non de la dernière.
Abattement en ligne directe (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants)
L’abattement pour un enfant est de 100 000 €, pour un petit-enfant de 31 865 € et pour un arrière-petit-enfant de 5 310 €. Ces montants sont indexés chaque année en fonction de la hausse des prix (art. 779 CGI). En 2026, les seuils sont stables par rapport à 2025. Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose : il est possible de cumuler l’abattement en ligne directe avec l’abattement pour don familial de somme d’argent (31 865 €) si les conditions sont respectées.
Abattement entre époux et partenaires de Pacs
L’abattement de 80 724 € est accordé une fois tous les 15 ans par conjoint ou partenaire. Contrairement aux successions, il n’y a pas d’exonération totale des droits entre époux pour les donations. Ce montant est relativement élevé mais ne couvre pas toujours la totalité du patrimoine, surtout pour les biens immobiliers de valeur.
Abattement entre frères et sœurs, neveux et nièces
Les frères et sœurs bénéficient d’un abattement de 15 932 € ; les neveux et nièces de 7 967 €. Au-delà, les droits sont élevés (barème à 35 ou 45 %). Une donation entre collatéraux est rarement optimale sans une planification plus large. Il peut être plus intéressant de passer par une donation-partage ou d’utiliser la nue-propriété.
Renouvellement tous les 15 ans : le comprendre
Le délai de 15 ans joue un rôle central dans l’optimisation. Si vous avez donné 50 000 € à votre fils en 2020, vous disposez encore de 50 000 € d’abattement (les 15 ans repartent à zéro en 2035). Ce mécanisme permet d’étaler les transmissions et de réduire la pression fiscale. Attention : le délai s’apprécie par donateur et par donataire. Une donation antérieure d’une autre personne (par exemple du conjoint) n’affecte pas votre propre abattement.

Barème progressif des droits de donation : comment le calculer ?
Une fois l’abattement déduit, la part taxable est soumise à un barème progressif. Le barème des droits de donation diffère selon que le donataire est en ligne directe ou un conjoint/partenaire de Pacs. Pour les autres liens, un taux unique ou différent s’applique (35 % entre frères et sœurs au-delà de l’abattement, 45 % pour les non-parents).
Barème pour les donations en ligne directe
| Tranche de la part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Ce barème s’applique après abattement. Par exemple, pour une donation de 150 000 € à un enfant, la part taxable est de 50 000 € (150 000 – 100 000). Les droits seront calculés comme suit : 5 % sur 8 072 € = 403 € ; 10 % sur 4 037 € (12 109 – 8 072) = 403 € ; 15 % sur 3 823 € (15 932 – 12 109) = 573 € ; 20 % sur le reste (50 000 – 15 932 = 34 068) = 6 813 €. Total : 8 192 €.
Barème pour les donations entre époux ou partenaires de Pacs
| Tranche de la part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 15 932 € | 10 % |
| De 15 933 € à 31 865 € | 15 % |
| De 31 866 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Le barème pour conjoints est identique à celui de la ligne directe. Avec un abattement de 80 724 €, une donation de 100 000 € à son conjoint taxe seulement 19 276 €, ce qui donne des droits d’environ 1 027 € (5 % sur 8 072 € + 10 % sur 11 204 €).
Exemple pas à pas : donation de 100 000 € à un enfant
- Valeur donnée : 100 000 €
- Abattement enfant : 100 000 € → part taxable = 0 €
- Aucun droit dû. Toutefois, la donation doit être déclarée.
Si le donateur a déjà utilisé son abattement pour le même enfant (par exemple donation de 50 000 € il y a 5 ans), l’abattement restant est de 50 000 € (car renouvellement tous les 15 ans). La nouvelle donation de 100 000 € sera taxée sur 50 000 €. Les droits s’élèveraient alors à environ 8 192 € comme calculé précédemment.
Donation aux petits-enfants et arrière-petits-enfants : optimiser la transmission
Les donations aux petits-enfants bénéficient d’un double avantage : l’abattement spécifique de 31 865 € et la possibilité de cumuler avec le don familial de somme d’argent exonéré jusqu’à 31 865 € (sous conditions). Ce dispositif, codifié à l’article 790 G du CGI, permet au donateur de moins de 80 ans de donner jusqu’à 31 865 € par bénéficiaire majeur sans aucun impôt, en plus de l’abattement de 31 865 €. Au total, un petit-enfant peut recevoir 63 730 € en franchise de droits, tous les 15 ans. C’est un outil puissant de transmission anticipée.
Les conditions du don familial exonéré
- Le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour de la donation.
- Le bénéficiaire doit être majeur (18 ans révolus).
- Le don doit être réalisé en numéraire (espèces, chèque, virement).
- La donation doit être déclarée au service des impôts (formulaire 2735).
- L’exonération s’applique dans la limite de 31 865 € par bénéficiaire, tous les 15 ans.
Un point souvent sous-estimé : ce don familial est cumulable avec l’abattement de 31 865 € pour petit-enfant. Ainsi, un grand-parent de moins de 80 ans peut transmettre à son petit-enfant majeur 63 730 € sans droits, à condition de respecter les deux dispositifs et de les déclarer séparément.
Abattement spécifique petit-enfant (31 865 €)
Cet abattement est propre à la ligne directe (petits-enfants). Il se renouvelle tous les 15 ans. Attention : si vous donnez à votre petit-enfant par l’intermédiaire d’une donation-partage, vous pouvez également transmettre des biens immobiliers en nue-propriété, ce qui réduit la base taxable.
Cumul possible avec d’autres donations
Rien n’interdit de cumuler plusieurs donations à des petits-enfants différents, chacun bénéficiant de son propre abattement. De plus, les deux parents (ou grands-parents) peuvent chacun donner, doublant ainsi les montants exonérés. Par exemple, les deux grands-parents peuvent donner chacun 63 730 € à un même petit-enfant, soit 127 460 € sans droits. C’est une stratégie patrimoniale très efficace.
Donation démembrée : réduire les droits en donnant la nue-propriété
La donation démembrée (ou donation avec réserve d’usufruit) est une technique classique d’optimisation. Le donateur conserve l’usufruit (droit d’usage et de percevoir les revenus du bien) et ne transmet que la nue-propriété. Les droits de donation sont calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété, qui diminue avec l’âge du donateur. À son décès, l’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans aucun droit de succession supplémentaire.
La valeur de l’usufruit est déterminée par un barème forfaitaire (art. 669 CGI), fonction de l’âge de l’usufruitier au jour de la donation. Plus le donateur est âgé, plus la valeur de l’usufruit est élevée, donc plus la nue-propriété est faible et moins les droits sont importants.
Valeur de la nue-propriété selon l’âge du donateur
| Âge du donateur (usufruitier) | Valeur de l’usufruit (%) | Valeur de la nue-propriété (%) |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 40 % | 60 % |
| De 21 à 30 ans | 35 % | 65 % |
| De 31 à 40 ans | 30 % | 70 % |
| De 41 à 50 ans | 25 % | 75 % |
| De 51 à 60 ans | 20 % | 80 % |
| De 61 à 70 ans | 15 % | 85 % |
| De 71 à 80 ans | 10 % | 90 % |
| Plus de 80 ans | 5 % | 95 % |
Exemple concret : donation d’un bien immobilier de 300 000 €
Prenons le cas de Monsieur X, âgé de 70 ans, qui souhaite donner la nue-propriété d’un appartement d’une valeur de 300 000 € à son fils. D’après le barème, la nue-propriété vaut 85 % de la valeur du bien, soit 255 000 €. Après abattement enfant de 100 000 €, la part taxable est de 155 000 €. Calcul des droits : 5 % sur 8 072 € = 403 € ; 10 % sur 4 037 € = 403 € ; 15 % sur 3 823 € = 573 € ; 20 % sur le reste (155 000 – 15 932 = 139 068) = 27 813 €. Total des droits : environ 29 192 €. Sans démembrement, la donation en pleine propriété (300 000 €) aurait donné une part taxable de 200 000 € et des droits d’environ 41 472 €. L’économie réalisée est de 12 280 €, soit près de 30 %.
À droit constant, le décès de Monsieur X entraînera l’extinction de l’usufruit : son fils deviendra propriétaire à 100 % sans aucun impôt. La donation démembrée combine donc un avantage immédiat (réduction des droits) et une optimisation successorale.
Frais de notaire et obligations déclaratives d’une donation
Réaliser une donation entraîne des coûts annexes : frais de notaire (pour les donations notariées) et frais d’enregistrement. Il convient de distinguer le don manuel (argent ou biens meubles) de la donation notariée (obligatoire pour un bien immobilier).
Frais d’enregistrement et de notaire
Pour un don manuel, le seul coût est le droit d’enregistrement de 0,125 % du montant donné, plafonné à 1 000 € (en pratique très faible). En revanche, une donation notariée génère des émoluments de notaire (environ 1 % à 2 % de la valeur du bien) ainsi que des frais de publication foncière (0,10 %). Ces frais viennent s’ajouter aux droits de donation proprement dits. À titre indicatif, pour une donation immobilière de 300 000 €, les frais de notaire avoisinent 6 000 à 9 000 €.
Déclaration d’un don manuel
Toute donation, même exonérée, doit être déclarée. Pour un don manuel, le formulaire 2735 doit être déposé au service des impôts du domicile du bénéficiaire dans le mois suivant la remise des fonds. La déclaration doit être accompagnée d’un chèque de paiement des droits éventuels. Si aucun droit n’est dû, la déclaration est nécessaire pour que la donation soit opposable et pour éviter une requalification ultérieure en donation non déclarée.
Sanctions en cas d’absence de déclaration
L’absence de déclaration expose le donataire à des pénalités de 40 % des droits éludés, assorties d’intérêts de retard. En cas de donation non déclarée, l’administration peut la requalifier et la taxer d’office, même plusieurs années après. La jurisprudence est claire sur ce point : l’omission volontaire est considérée comme un manquement délibéré.
- Pièces à fournir : formulaire 2735 (cerfa n°11350), copie de la pièce d’identité, justificatifs de la valeur du don, acte de notoriété ou livret de famille.
- Délai : dans le mois suivant la date de donation.
- Lieu : service des impôts des particuliers dont dépend le domicile du donataire.
Stratégies avancées pour minimiser les droits de donation
Au-delà des techniques de base, plusieurs stratégies de planification patrimoniale permettent de réduire la facture fiscale. Ces conseils sont donnés à titre informatif ; chaque situation mérite un conseil personnalisé. Voici les principaux leviers :
- Étalement tous les 15 ans : utilisez les abattements de manière cyclique. Si vous donnez 100 000 € à un enfant, attendez 15 ans pour recommencer.
- Donation-partage : permet de figer la valeur des biens et de répartir les abattements entre plusieurs enfants. Évite les conflits successoraux.
- Assurance-vie : les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (succession), mais attention aux règles de taxation des capitaux décès.
- Donation démembrée + abattement : combiner les deux permet de donner un bien immobilier de grande valeur en ne taxant qu’une faible fraction.
- Don familial exonéré : à utiliser avant 80 ans pour un impact maximal.
Un avocat fiscaliste ou un notaire (comme un conseiller en gestion de patrimoine) pourra vous aider à choisir le type de donation le plus adapté à votre situation familiale et patrimoniale. N’oubliez pas que chaque stratégie a des implications civiles (réserve héréditaire, quotité disponible) qu’il convient de mesurer avant de signer.
La question reste ouverte sur l’opportunité de recourir au démembrement pour des biens professionnels. Dans ce cas, un conseil personnalisé est indispensable.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer une donation même si elle est exonérée ?
Oui, toute donation, même exonérée, doit être déclarée auprès du service des impôts (formulaire 2735) dans le mois suivant le don. À défaut, le don peut être requalifié et taxé avec pénalités.
Qui paie les droits de donation : le donateur ou le donataire ?
En principe, c’est le donataire (celui qui reçoit) qui doit payer les droits. Cependant, le donateur peut décider de les prendre en charge, ce qui est souvent fait.
Peut-on donner à ses petits-enfants chaque année ?
Oui, mais les abattements se renouvellent tous les 15 ans. Par exemple, l’abattement de 31 865 € pour un petit-enfant peut être utilisé une fois tous les 15 ans. En dehors, vous pouvez donner des sommes inférieures à ce seuil sans droits.
Quel est le délai pour enregistrer une donation ?
Le don doit être enregistré au service des impôts du domicile du bénéficiaire dans le mois suivant le jour du don. Passé ce délai, des pénalités peuvent s’appliquer.
Est-il plus intéressant de donner de son vivant ou de léguer par testament ?
Donner de son vivant permet de bénéficier d’abattements renouvelables tous les 15 ans, alors que les droits de succession sont souvent plus élevés. La donation est généralement plus avantageuse fiscalement.
Y a-t-il une différence entre donation notariée et don manuel ?
Oui, le don manuel (argent, biens meubles) ne nécessite pas de notaire mais doit être déclaré. La donation notariée est obligatoire pour les biens immobiliers et offre plus de sécurité juridique.
Les droits de donation sont-ils les mêmes dans toute la France ?
Oui, le régime fiscal des donations est national (code général des impôts). Toutefois, certaines régions comme la Corse ou l’Outre-mer peuvent avoir des exonérations spécifiques. Pour les comparaisons internationales, voir les régions belges notamment.
Donation en France vs Belgique : un éclairage transfrontalier
La double culture juridique franco-espagnole de l’auteur permet d’apporter un angle unique : comparer le régime français avec celui de la Belgique. Ce parallèle est utile pour les familles binationales ou les résidents expatriés. En Belgique, les droits de donation varient selon les régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles). En Région flamande, les droits sur les donations mobilières en ligne directe sont proportionnels à 3 % du montant total, sans abattement préalable. En Région wallonne et bruxelloise, le barème est progressif (3 % à 30 %). Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose : une donation en France est souvent plus avantageuse pour les petites sommes grâce aux abattements, tandis qu’en Belgique, les gros montants peuvent être taxés à un taux plus faible (7 % maximum en Flandre pour les biens meubles). Cependant, la complexité des droits d’enregistrement belges nécessite un conseil local.
Pour un particulier franco-belge, il est essentiel de vérifier le lieu de résidence fiscale et la nature des biens. Une donation immobilière située en France sera toujours soumise au droit français, quel que soit le domicile du donateur.
Conclusion : agir avant qu’il ne soit trop tard
Les droits de donation représentent une charge fiscale non négligeable, mais bien des leviers existent pour la réduire : abattements renouvelables tous les 15 ans, donation démembrée, don familial exonéré, donation-partage. La déclaration est obligatoire même en cas d’exonération. Avant de réaliser une donation, prenez rendez-vous avec un notaire ou un conseiller fiscal pour optimiser votre transmission. N’attendez pas que les abattements soient caducs. Chaque situation est unique ; un conseil personnalisé vous permettra de choisir la stratégie la plus adaptée à vos objectifs patrimoniaux et familiaux.

Conseiller juridique indépendant, Alessandro Inglese Marin décrypte le droit des entreprises, la fiscalité et le droit civil pour ceux qui ont besoin de comprendre avant de décider. Formé à Paris et Madrid, il traduit la complexité juridique en analyses directement actionnables.