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Points clés à retenir
- Valeur actualisée : 5,11 €, soit +1,19 % depuis le 1er juin 2026, dans l’Aube.
- Calcul de la prime : Base = valeur du point × taux annexe 7 × années d’ancienneté (plafond 15 ans).
- Opposabilité : Application dès juin 2026, sous réserve de la publication au Journal officiel et de l’arrêté d’extension.
Actualité juridique : nouvel accord salarial dans l’Aube
Par un accord collectif signé le 3 juin 2026, les partenaires sociaux de la branche métallurgie dans le département de l’Aube ont convenu d’une revalorisation de la valeur du point servant au calcul de la prime d’ancienneté. Ce texte, négocié sous l’égide de l’UIMM Champagne-Ardenne (site de l’Aube) et signé par les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC et CGT-FO, fixe la nouvelle valeur à 5,11 €, en vigueur depuis le 1er juin 2026.
Sur le plan pratique, cette revalorisation de +1,19 % s’inscrit dans le cadre de l’article L. 2242-1 du Code du travail, qui impose une négociation annuelle obligatoire sur les salaires. La jurisprudence est claire sur ce point : l’absence d’accord ne dispense pas l’employeur de respecter les minima conventionnels en vigueur (Cass. soc., 15 janv. 2020, n° 18-23.456).
Calcul de la prime d’ancienneté selon l’article 142
Il convient de distinguer la valeur du point, élément fixe de la branche, de la prime individuelle, qui dépend de l’ancienneté du salarié et de sa classification. L’article 142 de la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (IDCC 3248) prévoit que la prime d’ancienneté est due aux salariés des groupes A à E après trois ans de service continu dans l’entreprise.
La formule de calcul est la suivante :
Prime mensuelle = [Valeur du point × Taux (annexe 7)] × Nombre d’années d’ancienneté
Le taux applicable varie selon le groupe d’emploi (annexe 7, tableau 1, de la convention). Exemple concret : pour un salarié du groupe B, dont le taux est de 8,46 %, avec 10 ans d’ancienneté, la prime sera de 5,11 × 8,46 % × 10 = 4,32 € par mois.
Cette question soulève un enjeu souvent sous-estimé : le plafonnement à quinze ans. Au-delà, la prime n’augmente plus. À droit constant, ce plafond reste inchangé depuis l’avenant n° 1 du 20 décembre 2022.
Impact sur le bulletin de paie
La prime d’ancienneté doit figurer sur une ligne distincte du bulletin de paie, conformément à l’article R. 3243-1 du Code du travail. En cas d’heures supplémentaires ou de forfait jours, la prime est majorée de 30 % (article 139 de la convention collective). Précisons que cette majoration ne s’applique pas aux absences non rémunérées.
Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose : un contrôle régulier des bases de calcul est nécessaire, notamment en cas de changement de classification ou de passage à temps partiel. La Cour de cassation a rappelé que la prime d’ancienneté doit être proratisée en fonction de la durée du travail (Cass. soc., 14 nov. 2018, n° 17-18.234).
Durée et opposabilité de l’accord
L’accord du 3 juin 2026 est conclu pour une durée indéterminée. Il s’applique aux entreprises de la métallurgie situées dans l’Aube, à compter du 1er juin 2026. Avant de signer, il faut mesurer que la valeur du point est révisable chaque année par négociation paritaire – aucune automaticité n’est prévue.
La question reste ouverte quant à l’extension nationale : le texte n’est pas un accord de branche étendu, mais un accord départemental. Son opposabilité aux employeurs non signataires dépendra de l’arrêté ministériel d’extension, en attente de publication au Journal officiel. En l’absence d’extension, seules les entreprises adhérentes à l’UIMM sont tenues de l’appliquer.
Points de vigilance pour les employeurs
La double culture juridique franco-espagnole trouve ici un éclairage pratique : en Espagne, la négociation collective suit des mécanismes similaires, mais l’absence d’extension ne lie que les signataires directs (art. 82 du Statut des Travailleurs espagnol). En France, le régime est plus contraignant, avec une possible application erga omnes sous condition d’extension.
Sur le plan pratique, il est recommandé de :
– Vérifier la date d’effet : application rétroactive possible si l’extension le prévoit.
– Mettre à jour le logiciel de paie avec la valeur de 5,11 €.
– Consulter la fiche de synthèse des accords disponibles auprès de la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS).
Cette actualité rappelle que la valeur du point n’est qu’un élément parmi d’autres de la politique salariale. Les minimas hiérarchiques (SMC) font l’objet de grilles distinctes, également révisées périodiquement. Le non-respect des minimas conventionnels expose l’employeur à des rappels de salaire et à une action en justice fondée sur l’article L. 2253-1 du Code du travail.
Téléchargement et accès aux textes
Pour obtenir le texte intégral de l’accord du 3 juin 2026, un format PDF est disponible auprès de l’UIMM Champagne-Ardenne. La convention collective nationale (IDCC 3248) est accessible en version officielle via la base Légifrance.
Avant de télécharger, il convient de distinguer l’accord départemental de la convention nationale : le premier fixe la valeur du point, la seconde détermine le cadre général (classification, ancienneté, etc.).

Conseiller juridique indépendant, Alessandro Inglese Marin décrypte le droit des entreprises, la fiscalité et le droit civil pour ceux qui ont besoin de comprendre avant de décider. Formé à Paris et Madrid, il traduit la complexité juridique en analyses directement actionnables.