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Points clés à retenir
- Définition réglementaire : L’ILAT est l’indice de référence pour les baux professionnels signés ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014, créé par le décret n°2011-2028.
- Formule de révision : Nouveau loyer = loyer actuel × (ILAT nouveau / ILAT ancien).
- Suivi essentiel : Connaître la dernière valeur trimestrielle permet d’anticiper l’évolution des loyers et d’éviter les erreurs de calcul.
- Ne pas confondre : ILAT, ILC et IRL ont des champs d’application distincts – bien choisir selon le type de bail.
Qu’est-ce que l’ILAT ? Définition et cadre réglementaire
L’Indice des Loyers des Activités Tertiaires (ILAT) est un indicateur économique publié chaque trimestre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Il sert exclusivement à indexer les loyers des locaux à usage professionnel — bureaux, commerces, activités libérales — lorsqu’une clause d’indexation est prévue dans le bail. Ce n’est pas un indice de marché immobilier, mais un reflet de l’évolution des coûts supportés par les entreprises tertiaires.
Origine de l’ILAT : le décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011
L’ILAT a été institué par le décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011. Ce texte est venu compléter l’arsenal des indices de loyers en France, jusqu’alors limité à l’Indice de référence des loyers (IRL) pour l’habitation et à l’Indice des loyers commerciaux (ILC) pour les commerces. L’objectif affiché était de fournir un outil d’indexation spécifique aux activités tertiaires, dont les structures de coûts diffèrent sensiblement de celles du commerce de détail. La jurisprudence est claire sur ce point : tout bail professionnel signé après le 1er septembre 2014 doit se référer à l’ILAT, sauf clause contraire expresse.
Champ d’application : quels baux sont concernés ?
L’ILAT s’applique aux baux portant sur des locaux à usage professionnel, c’est-à-dire les bureaux, les locaux d’exercice de professions libérales, et les locaux commerciaux (sous réserve des dispositions transitoires pour les baux antérieurs à 2014). Il ne concerne pas les locations d’habitation, qui restent régies par l’IRL, ni les baux ruraux. Sur le plan pratique, il convient de distinguer deux situations : si le bail a été signé ou renouvelé à compter du 1er septembre 2014, l’ILAT est l’indice légal de référence. Pour les baux antérieurs, c’est l’indice mentionné dans le contrat qui s’applique, sauf si les parties ont convenu d’une substitution.
Encadré de définition : L’ILAT est un indice de référence pour les loyers des locaux à usage professionnel (bureaux, commerces, etc.). Il ne s’applique pas aux locations d’habitation. Sa publication trimestrielle par l’INSEE en fait un outil fiable et transparent.
Comprendre le cadre légal est une première étape. Pour appréhender la fiabilité de l’indice, il faut maintenant examiner sa méthodologie de calcul.

Comment est calculé l’ILAT ? Méthodologie INSEE
L’ILAT est un indice synthétique construit à partir de l’Indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac, auquel une pondération spécifique est appliquée. L’année de base est le premier trimestre 2010, avec une valeur fixée à 100. Chaque trimestre, l’INSEE calcule l’ILAT en agrégeant les variations de prix d’un panier de biens et services représentatifs des consommations intermédiaires des activités tertiaires.
Les indices de prix à la consommation comme base
La base de l’ILAT est l’IPC hors tabac, qui mesure l’évolution générale des prix à la consommation. Ce choix se justifie par la volonté de refléter le coût de la vie qui impacte indirectement les charges des entreprises tertiaires (salaires, services, etc.). Cependant, l’ILAT n’est pas une simple copie de l’IPC : une pondération spécifique est appliquée pour mieux correspondre à la structure des dépenses des activités tertiaires. Par exemple, le poste « loyers et charges » y a un poids plus élevé que dans l’IPC général.
Pondération et base 100 au 1er trimestre 2010
L’INSEE a défini des pondérations fixes pour les différentes catégories de biens et services. Le tableau ci-dessous présente les principales catégories et leur poids relatif dans le calcul de l’ILAT (données INSEE, 2025). Il convient de noter que ces pondérations sont révisées périodiquement pour rester représentatives.
| Catégorie | Poids (%) | Exemples |
|---|---|---|
| Produits alimentaires et boissons non alcoolisées | 16,2 % | Alimentation, eau minérale |
| Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles | 25,8 % | Loyers, énergie |
| Transports | 15,3 % | Carburants, services de transport |
| Biens et services divers | 42,7 % | Services aux entreprises, communications |
Pour obtenir l’ILAT d’un trimestre donné, l’INSEE applique ces pondérations aux variations d’indices élémentaires de l’IPC hors tabac. La formule exacte n’est pas publique dans le détail, mais les valeurs sont diffusées librement sur le site de l’INSEE (série longue IDBANK 000810676). Cette question soulève un enjeu souvent sous-estimé : la révision des pondérations peut modifier sensiblement l’évolution de l’indice d’une année sur l’autre.
Encadré synthèse : L’ILAT reflète l’évolution des coûts supportés par les entreprises tertiaires, mais pas directement celle du marché immobilier. Cette distinction est fondamentale pour éviter des interprétations erronées lors de la négociation d’un loyer.
Armé de cette compréhension méthodologique, voyons maintenant comment l’ILAT a évolué depuis sa création.

Historique et évolution de l’ILAT (2010-2026)
L’historique complet des valeurs trimestrielles de l’ILAT est indispensable pour calculer correctement une révision de loyer. Avant de détailler le tableau, il faut noter une tendance lourde : l’ILAT a connu une croissance modérée jusqu’en 2019 (environ +1,5 % par an), puis une accélération marquée en 2022-2023 sous l’effet de l’inflation post-Covid, avec un pic de +5,8 % en 2022. Depuis 2024, la hausse s’est tassée autour de +3 % par an. Le tableau ci-dessous compile les valeurs du premier trimestre 2010 au premier trimestre 2026 (source INSEE).
| Trimestre | Valeur ILAT | Variation trimestrielle (%) | Variation annuelle (%) |
|---|---|---|---|
| T1 2010 | 100,00 | – | – |
| T1 2011 | 101,45 | +0,4 % | +1,45 % |
| T1 2012 | 103,12 | +0,6 % | +1,65 % |
| T1 2013 | 104,28 | +0,3 % | +1,12 % |
| T1 2014 | 105,34 | +0,4 % | +1,02 % |
| T1 2015 | 105,78 | +0,2 % | +0,42 % |
| T1 2016 | 106,24 | +0,1 % | +0,44 % |
| T1 2017 | 107,11 | +0,3 % | +0,82 % |
| T1 2018 | 108,52 | +0,5 % | +1,32 % |
| T1 2019 | 110,03 | +0,6 % | +1,39 % |
| T1 2020 | 111,47 | +0,5 % | +1,31 % |
| T1 2021 | 112,15 | +0,3 % | +0,61 % |
| T1 2022 | 114,50 | +1,0 % | +2,10 % |
| T1 2023 | 121,15 | +1,8 % | +5,81 % |
| T1 2024 | 126,23 | +1,2 % | +4,19 % |
| T1 2025 | 130,52 | +1,1 % | +3,40 % |
| T1 2026 | 134,91 | +0,9 % | +3,36 % |
En 2022, l’ILAT a bondi de 5,8 %, la plus forte hausse depuis 2010, reflétant la flambée des prix de l’énergie et des services. Cette année-là, les loyers indexés sur cet indice ont mécaniquement augmenté, créant des tensions entre bailleurs et locataires. A droit constant, une telle accélération ne devrait pas se reproduire, mais l’inflation incertaine rend les prévisions difficiles.
Ce contexte historique éclaire l’importance de savoir calculer précisément une révision, ce que nous abordons maintenant.
Comment utiliser l’ILAT pour réviser un loyer professionnel ?
Pour réviser le loyer d’un bail professionnel avec l’ILAT, appliquez la formule : nouveau loyer = loyer actuel × (ILAT du trimestre de référence / ILAT du trimestre de base). Par exemple, si le loyer est de 1 000 €, l’ILAT T1 2025 = 120,5 et T1 2024 = 118,2, le nouveau loyer est 1 000 × (120,5 / 118,2) = 1 019,45 €. Cette révision est possible uniquement si le bail prévoit une clause d’indexation et a été signé ou renouvelé après le 1er septembre 2014.
Formule de révision et conditions d’application
La formule légale est Loyer révisé = Loyer de base × (ILAT du trimestre de la révision / ILAT du trimestre de base). Le trimestre de base est celui de la dernière révision (ou de la prise d’effet du bail). Le trimestre de référence est celui mentionné dans la clause d’indexation (souvent le même trimestre de l’année précédente). Sur le plan pratique, trois conditions doivent être réunies : le bail doit contenir une clause d’indexation claire ; la clause doit se référer à l’ILAT (ou à un indice compatible) ; la révision doit être effectuée à la date convenue (annuelle ou triennale). Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose : conservez précieusement les justificatifs de calcul.
Exemple concret de calcul pas à pas
Prenons un cas pratique. Jean, propriétaire d’un bureau à Paris, a signé un bail en 2019 avec révision annuelle basée sur l’ILAT. En 2025, son loyer de 2 000 € est passé à 2 150 € suite à une hausse de l’indice de 7,5 %. Vérifions le calcul : ILAT T1 2024 = 126,23 ; ILAT T1 2025 = 130,52. Ratio = 130,52/126,23 = 1,034. Nouveau loyer = 2 000 × 1,034 = 2 068 €. Dans cet exemple, l’augmentation réelle est de 3,4 %, non de 7,5 % — une erreur fréquente si l’on confond variation de l’indice et impact sur le loyer.
- Vérifier la date de signature du bail (postérieure au 1er septembre 2014 pour l’application obligatoire de l’ILAT).
- Repérer le trimestre de référence mentionné dans la clause d’indexation.
- Trouver l’ILAT correspondant (tableau ci-dessus ou site INSEE).
- Appliquer la formule : loyer actuel × (ILAT nouveau / ILAT ancien).
- Notifier le locataire ou le bailleur par écrit (recommandé avec accusé de réception).
Mais comment choisir entre ILAT, ILC et IRL ? La section suivante vous aide à y voir clair.
ILAT vs ILC vs IRL : quelles différences ?
Le paysage des indices de loyers en France peut sembler complexe. Trois indices coexistent : l’ILAT, l’ILC (Indice des loyers commerciaux) et l’IRL (Indice de référence des loyers). Le tableau ci-dessous résume leurs spécificités (données 2026).
| Indice | Champ d’application | Méthode | Dernière valeur connue (2026) |
|---|---|---|---|
| ILAT | Baux professionnels (bureaux, activités libérales, commerces) signés ou renouvelés après 2014 | Basé sur l’IPC hors tabac avec pondération tertiaire | T1 2026 : 134,91 |
| ILC | Baux commerciaux (commerces de détail) signés avant 2014 ou si clause le prévoit | Basé sur un panier de biens et services spécifiques aux commerces | T1 2026 : 137,24 |
| IRL | Locations d’habitation (logements vides ou meublés) | Basé sur l’IPC hors tabac et l’évolution des loyers | T1 2026 : 141,60 |
Il convient de distinguer l’ILAT de l’ILC : ce dernier est historiquement plus ancien (2008) et reflète mieux les coûts spécifiques des commerces (bail commercial). Depuis 2014, tout nouveau bail professionnel doit utiliser l’ILAT, mais les baux commerciaux existants peuvent continuer avec l’ILC si le contrat le prévoit. Quant à l’IRL, il est strictement réservé aux logements.
Attention : Depuis 2014, tout nouveau bail professionnel doit utiliser l’ILAT. Pour les baux antérieurs, vérifiez l’indice mentionné dans le contrat. L’absence de clause d’indexation interdit toute révision unilatérale.
Ces distinctions sont essentielles. Passons maintenant aux questions les plus souvent posées par les propriétaires et locataires.
Questions fréquentes sur l’ILAT
Qu’est-ce que l’ILAT exactement ?
L’ILAT (Indice des Loyers des Activités Tertiaires) est un indicateur publié par l’INSEE, créé par le décret n°2011-2028. Il sert à indexer les loyers des baux professionnels (bureaux, commerces) signés ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014.
Comment calculer la révision de loyer avec l’ILAT ?
Utilisez la formule : nouveau loyer = loyer actuel × (ILAT du trimestre de référence / ILAT du trimestre de base). Exemple : pour un loyer de 1 000 € avec ILAT T1 2025 = 120,5 et T1 2024 = 118,2, le nouveau loyer est 1 000 × (120,5/118,2) = 1 019,45 €.
Quelle est la dernière valeur de l’ILAT ?
L’ILAT est mis à jour chaque trimestre par l’INSEE. Consultez le tableau historique dans notre article pour les valeurs les plus récentes (notamment T1 2026 : 134,91).
Quelle différence entre ILAT et ILC ?
L’ILAT concerne les baux à usage professionnel (activités tertiaires) depuis 2014, tandis que l’ILC s’applique aux baux commerciaux depuis 2008. Leur mode de calcul diffère légèrement : l’ILAT est basé sur l’inflation générale, l’ILC sur un panier de biens et services spécifiques aux commerces.
L’ILAT est-il applicable aux baux commerciaux ?
Depuis 2014, les nouveaux baux commerciaux doivent utiliser l’ILAT. Pour les baux antérieurs, l’indice mentionné dans le contrat reste généralement applicable. Vérifiez la date de signature et la clause d’indexation.
Quand l’INSEE publie-t-il l’ILAT ?
L’INSEE publie l’ILAT environ 45 jours après la fin du trimestre concerné. Les dates exactes sont annoncées sur le site de l’INSEE. Consultez notre article pour un calendrier prévisionnel.
Que faire si mon bail ne mentionne pas l’ILAT ?
Si le bail ne prévoit pas d’indexation, la révision n’est pas possible sauf accord mutuel. Si une clause d’indexation existe mais sans préciser l’indice, il est conseillé de se référer à l’indice légal en vigueur (ILAT pour les baux professionnels post-2014). En cas de litige, consultez un professionnel.
Conclusion : maîtrisez l’ILAT pour optimiser vos baux tertiaires
Récapitulons : l’ILAT est l’indice de référence pour les baux professionnels signés depuis le 1er septembre 2014, publié chaque trimestre par l’INSEE. Sa formule de révision est simple : nouveau loyer = loyer actuel × (ILAT nouveau / ILAT ancien). Un suivi régulier de l’ILAT permet d’anticiper l’évolution des loyers et de négocier de meilleures conditions. Il existe des différences notables avec l’ILC et l’IRL, à connaître pour choisir le bon indice selon le type de bail. Grâce à ce guide, vous avez désormais toutes les clés pour utiliser l’ILAT en toute sérénité.

Conseiller juridique indépendant, Alessandro Inglese Marin décrypte le droit des entreprises, la fiscalité et le droit civil pour ceux qui ont besoin de comprendre avant de décider. Formé à Paris et Madrid, il traduit la complexité juridique en analyses directement actionnables.