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Points clés à retenir
- Plafonnement validé : Le Conseil constitutionnel juge conforme à la Constitution le plafonnement des frais bancaires de succession issu de la loi du 13 mai 2025.
- Gratuité censurée : Les dispositions imposant la gratuité de ces opérations dans trois situations sont déclarées contraires à la Constitution.
- Conséquences pratiques : Les héritiers et les banques doivent s’adapter à un cadre juridique désormais précisé, avec des enjeux de restitution et de conformité.
Le règlement d’une succession s’accompagne souvent de frais bancaires divers : droits de garde, frais de dossier, commissions de transfert. La loi du 13 mai 2025 avait entendu encadrer ces prélèvements en instaurant un plafonnement et, dans certains cas, une gratuité. Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision le 19 juin 2026. Il valide le principe du plafonnement mais censure les cas de gratuité. Cette décision éclaire les obligations des établissements bancaires et les droits des héritiers. Il convient de distinguer les deux volets de la décision.
Le plafonnement des frais bancaires validé
La loi du 13 mai 2025 avait fixé un plafond aux frais bancaires perçus lors du règlement d’une succession. Ce dispositif visait à limiter les prélèvements excessifs qui pouvaient grever l’actif successoral, notamment pour les successions modestes. Le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 19 juin 2026, a jugé ce plafonnement conforme à la Constitution. Il a notamment retenu que le législateur avait poursuivi un objectif d’intérêt général et que les modalités retenues n’étaient pas disproportionnées.
Sur le plan pratique, les banques devront donc continuer d’appliquer ce plafond. Il convient de rappeler que le plafond s’applique à l’ensemble des frais liés au règlement de la succession, qu’il s’agisse de la recherche de testament, de l’inventaire des comptes ou des virements aux héritiers. Les établissements ne peuvent donc facturer des sommes excédant ce seuil. La jurisprudence est claire sur ce point : le plafonnement constitue une garantie pour les héritiers et une contrainte pour les banques.
La censure des cas de gratuité
Le Conseil constitutionnel a en revanche déclaré contraires à la Constitution les dispositions qui imposaient la gratuité des opérations bancaires dans trois situations. Ces situations, définies par la loi, concernaient notamment les successions lorsque le compte du défunt présentait un solde inférieur à un certain montant, lorsque l’héritier était lui-même dans une situation de précarité, ou lorsque la succession était dévolue à l’État en l’absence d’héritiers. Le Conseil a estimé que ces obligations de gratuité méconnaissaient le principe de liberté contractuelle et le droit de propriété, en imposant aux banques une charge sans compensation adéquate.
Cette décision soulève un enjeu souvent sous-estimé : celui de la répartition de la charge entre les établissements bancaires et la collectivité. À droit constant, les banques retrouvent une liberté de facturation pour ces trois cas, dans la limite du plafond général. Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose : les établissements devront sans doute ajuster leurs grilles tarifaires et informer clairement les clients. Les héritiers, quant à eux, ne pourront plus se prévaloir d’une gratuité automatique dans ces hypothèses.
Conséquences pratiques pour les banques et les héritiers
Pour les banques, la décision confirme la validité du plafonnement et met fin à l’incertitude sur les cas de gratuité. Elles doivent donc revoir leurs procédures internes : identifier les dossiers concernés, appliquer le plafond, et facturer les opérations dans les trois situations désormais libérées, tout en respectant les obligations d’information et de conseil. La question reste ouverte quant à l’éventuelle restitution des sommes qui auraient été perçues à tort ou non perçues en application des dispositions censurées. Le Conseil constitutionnel n’a pas prévu de modalités transitoires, ce qui pourrait générer des contentieux.
Pour les héritiers, l’enjeu est de connaître précisément les frais applicables. Il convient de distinguer selon que la succession entre dans le champ du plafonnement ou non. En pratique, il est recommandé de demander un décompte détaillé des frais avant tout règlement et de vérifier que le plafond est respecté. En cas de doute, un conseil spécialisé peut être utile. Cette question dépasse parfois le conseil généraliste, notamment lorsque la succession comporte des aspects transfrontaliers, par exemple entre la France et l’Espagne, où les règles bancaires et successorales diffèrent.
Ce qu’il faut retenir de la décision
La décision du 19 juin 2026 consolide le plafonnement des frais bancaires de succession tout en censurant les cas de gratuité. Cette position est équilibrée : elle protège les héritiers contre les frais excessifs sans imposer aux banques des charges disproportionnées. Sur le plan pratique, les établissements doivent se conformer au plafond et peuvent facturer les opérations dans les trois situations désormais libérées. Les héritiers doivent être vigilants et informés. La jurisprudence est claire sur ce point, mais l’application concrète pourra soulever des difficultés, notamment pour les successions en cours. Avant de signer tout document de clôture, il faut mesurer les frais et vérifier leur conformité.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de contrôle des frais bancaires. À droit constant, elle renforce la sécurité juridique pour les banques et les héritiers. Il convient toutefois de rester attentif aux évolutions législatives et réglementaires, car la matière est mouvante. Pour les situations complexes, une consultation spécialisée est recommandée.

Conseiller juridique indépendant, Alessandro Inglese Marin décrypte le droit des entreprises, la fiscalité et le droit civil pour ceux qui ont besoin de comprendre avant de décider. Formé à Paris et Madrid, il traduit la complexité juridique en analyses directement actionnables.