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Points clés à retenir
- Liberté de division : Chaque copropriétaire peut diviser son lot, sauf si cela contrevient à la destination de l’immeuble.
- Répartition des charges : En l’absence de disposition du règlement, le copropriétaire propose une répartition qui doit être validée en assemblée générale.
- Inscription à l’ordre du jour : Une demande écrite au syndic est nécessaire pour soumettre la division à l’approbation des copropriétaires.
La division d’un lot de copropriété est une opération fréquente, notamment pour les propriétaires souhaitant créer un lot supplémentaire en vue de le vendre ou de le louer. Cette opération, bien que libre, est encadrée par la loi et la jurisprudence. Il convient de distinguer la division matérielle (création de nouveaux lots) et la répartition des charges qui en découle.
Le principe : liberté de division du lot
Selon une jurisprudence constante, chaque copropriétaire est libre de diviser le lot dont il est titulaire. Le syndicat des copropriétaires ne peut s’opposer à cette division que si elle est contraire à la destination de l’immeuble. Ce principe est clair : la division est un droit, et son exercice ne peut être entravé que par un motif légitime tenant à la nature de l’immeuble.
Sur le plan pratique, cette liberté s’applique aux lots tant principaux qu’accessoires. Toutefois, la division doit respecter les règles d’urbanisme et le règlement de copropriété, qui peut contenir des clauses spécifiques.
La répartition des charges entre les lots issus de la division
Une fois la division opérée, se pose la question de la répartition des charges. Cette question soulève un enjeu souvent sous-estimé. En effet, sans répartition claire, la division peut générer des conflits entre copropriétaires.
Règlement de copropriété prévoyant la répartition
Si le règlement de copropriété comporte des dispositions sur la façon dont les charges doivent se répartir entre les lots issus de la division, cette répartition s’impose alors à tous les copropriétaires. Il convient donc de vérifier préalablement le contenu du règlement.
Silence du règlement : répartition proposée par le copropriétaire
En cas de silence du règlement, la répartition est effectuée par le copropriétaire qui a procédé à la division de son lot. Il doit ensuite obligatoirement la soumettre à l’approbation de l’assemblée générale des copropriétaires. À défaut, cette répartition sera inopposable aux autres copropriétaires. La jurisprudence est claire sur ce point : sans approbation, la répartition est sans effet.
Sur le plan pratique, il appartient au copropriétaire de solliciter du syndic qu’il inscrive cette question à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Une demande écrite est nécessaire, formalisée par un courrier recommandé avec accusé de réception.
Modèle de courrier de demande de division d’un lot de copropriété
Vous trouverez ci-dessous un modèle de lettre à adresser au syndic pour demander l’inscription de la division à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Ce modèle est à personnaliser selon votre situation.
Objet : division d’un lot de copropriété – inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale
Par lettre recommandée avec accusé de réception, N° de l’AR : [à reporter],
Je suis copropriétaire du lot n° [à compléter] dépendant de l’immeuble en copropriété sis à [adresse], et titulaire de [à compléter] millièmes des parties communes attachées à ce lot.
Je vous informe que je souhaite procéder à la division de mon lot en deux lots distincts :
- Le lot n° [à compléter] (descriptif) auquel seront attachés [à compléter] millièmes des parties communes,
- Le lot n° [à compléter] (descriptif) auquel seront attachés [à compléter] millièmes des parties communes.
Je vous rappelle qu’en application d’une jurisprudence constante de la Cour de cassation, je suis libre de procéder à ladite division. Par ailleurs, en l’absence de disposition à cet égard dans le règlement de copropriété, je me propose d’établir la répartition des charges entre les deux lots à créer de la manière suivante : [à compléter].
En conséquence, je vous prie de bien vouloir présenter aux copropriétaires ladite répartition et de l’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, en date du [à compléter].
Vous trouverez ci-joints les documents et les plans descriptifs relatifs à mon projet.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
[Nom et prénom] — [Signature]
Pour utiliser ce modèle, il suffit de faire un copier-coller dans votre traitement de texte. Il peut également être adapté en fonction de votre situation.
Questions fréquentes et cas particuliers
Maison en copropriété horizontale : division verticale
Pour une copropriété horizontale (par exemple une villa divisée en deux lots), une division verticale peut être envisagée. La procédure est identique : il faut vérifier le règlement de copropriété et, si nécessaire, obtenir l’accord de l’assemblée générale. En cas de refus injustifié, le copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire.
Le rôle du notaire et de l’avocat
Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose. La division d’un lot a des implications juridiques et fiscales. Il est recommandé de consulter un notaire ou un avocat spécialisé pour valider la faisabilité du projet, notamment en matière d’urbanisme et de répartition des charges.
À droit constant, la question reste ouverte sur certains aspects, comme la nature des charges réparties (générales ou spéciales). Avant de signer, il faut mesurer ces enjeux.

Conseiller juridique indépendant, Alessandro Inglese Marin décrypte le droit des entreprises, la fiscalité et le droit civil pour ceux qui ont besoin de comprendre avant de décider. Formé à Paris et Madrid, il traduit la complexité juridique en analyses directement actionnables.