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Points clés à retenir
- Convention de divorce : contrat rédigé par deux avocats, remplace le jugement depuis la réforme J21 (2017).
- Mentions obligatoires : identité, accord, état liquidatif, prestation compensatoire, information de l’enfant mineur.
- Délai de réflexion : 15 jours entre la réception du projet et la signature.
- Dépôt chez le notaire : étape obligatoire pour donner force exécutoire à la convention (49,44 € TTC).
Qu’est-ce qu’une convention de divorce ? Définition et cadre juridique
En 2015, 67 875 divorces par consentement mutuel ont été prononcés en France (ministère de la Justice, 2016). Depuis la réforme du 18 novembre 2016 (loi J21), la quasi-totalité de ces divorces se fait sans juge, via une simple convention de divorce. Ce document contractuel, signé par les deux époux assistés chacun de leur avocat, acte la dissolution du mariage et règle l’ensemble de ses conséquences.
Distinction avec le divorce contentieux
Dans un divorce contentieux, les époux ne s’accordent pas sur le principe ou les effets ; le juge aux affaires familiales tranche. La convention de divorce, au contraire, repose sur un accord total et réciproque. Il convient de distinguer nettement les deux procédures : la convention est un contrat librement négocié, tandis que le jugement impose une solution. Cette question soulève un enjeu souvent sous-estimé : la maîtrise du contenu par les parties elles-mêmes.
À savoir
La convention de divorce, une fois déposée chez le notaire, a force exécutoire. Elle est juridiquement aussi contraignante qu’un jugement rendu par un tribunal.
Base légale : loi J21 et décret d’application
La loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle (J21) a profondément modifié les articles 229-1 à 229-4 du Code civil. Le décret n° 2016-1907 du 28 décembre 2016 en précise les modalités pratiques. À droit constant, le divorce par consentement mutuel extrajudiciaire est désormais la règle, le juge n’intervenant plus que dans des cas limités (cf. section dédiée).

Quelles sont les mentions obligatoires de la convention de divorce ?
Selon la loi, la convention de divorce doit contenir :
- L’identité des époux et de leurs avocats ;
- L’accord des époux sur le divorce et ses effets ;
- Les modalités de la prestation compensatoire, le cas échéant ;
- L’état liquidatif du régime matrimonial ;
- La mention que l’enfant mineur a été informé de son droit à être entendu ;
- La signature des époux et des avocats après le délai de réflexion de 15 jours.
Ces éléments forment le cœur de la convention. Une omission expose à une nullité de l’acte. La jurisprudence est claire sur ce point : toute absence d’une mention obligatoire entraîne l’impossibilité de dépôt chez le notaire (Cass. 1re civ., 12 sept. 2019, n° 18-18.547). Sur le plan pratique, il est conseillé de les vérifier point par point avant signature.
L’état liquidatif du régime matrimonial
L’état liquidatif est un document comptable qui détaille la composition et le partage des biens des époux. Il doit être annexé à la convention. Il précise la créance de chaque époux, les soultes éventuelles, et la répartition des meubles, immeubles, comptes bancaires, etc. Exemple rédigé : « Monsieur X reçoit le bien immobilier sis à … d’une valeur de 300 000 €, Madame Y reçoit le compte-titres d’une valeur de 150 000 €, et une soulte de 75 000 € sera versée par Monsieur à Madame dans les six mois suivant la signature. »
La prestation compensatoire et la pension alimentaire
La prestation compensatoire vise à compenser la disparité de niveau de vie après le divorce. Elle peut prendre la forme d’un capital, d’un versement échelonné ou d’une rente viagère. Exemple rédigé : « À titre de prestation compensatoire, Monsieur X versera à Madame Y la somme de 60 000 € en trois versements annuels de 20 000 €, sans indexation. » La pension alimentaire pour l’entretien des enfants est fixée selon les besoins de l’enfant et les ressources de chaque parent. Elle est révisable tous les ans.
Les modalités concernant les enfants
Pour les enfants mineurs, la convention doit préciser l’exercice de l’autorité parentale (généralement conjointe), la résidence habituelle, le droit de visite et d’hébergement, et la contribution à leur entretien (pension alimentaire). La mention de l’audition de l’enfant est obligatoire : les parents doivent attester que l’enfant a été informé de son droit d’être entendu par le juge, sans qu’il soit nécessaire d’organiser cette audition si l’enfant ne le demande pas (à partir de 12 ans, présomption de discernement).
| Mention obligatoire | Détail |
|---|---|
| Identité des époux et avocats | Nom, prénom, date et lieu de naissance, profession, adresse ; nom et barreau de l’avocat |
| Consentement mutuel | Formule explicite : « Les époux déclarent consentir ensemble au divorce et en accepter les effets » |
| Prestation compensatoire | Montant, modalités de versement (capital, rente, soulte) |
| État liquidatif annexé | Composition des patrimoines, partage, soultes, date de jouissance divise |
| Information de l’enfant mineur | Attestation que l’enfant a été informé de son droit d’être entendu (art. 388-1 C. civ.) |
| Mention du délai de réflexion | Date d’envoi du projet par LRAR et date de signature (15 jours minimum) |
| Acquisition de la force exécutoire | Renvoyer au dépôt chez le notaire |
| Signature | Date, lieu, signature des deux époux et de leurs avocats |
Avant de signer, il faut mesurer l’impact de chaque clause. Les mentions obligatoires ne sont pas une simple formalité : leur absence peut bloquer le dépôt et obliger à reprendre la procédure.
Les étapes de rédaction et de signature de la convention
Ce que les textes ne disent pas, la pratique l’impose. Voici le déroulement chronologique, de la prise de décision à la signature.
Le rôle des avocats dans la rédaction
Chaque époux doit impérativement être assisté par son propre avocat. Les deux avocats négocient et rédigent ensemble la rédaction convention divorce. Il est interdit qu’un seul avocat représente les deux parties (art. 229-1 C. civ.). Le projet est ensuite envoyé à chaque époux par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).
Le délai de réflexion de 15 jours
À compter de la réception du projet, un délai de réflexion de 15 jours calendaires doit être respecté. La signature ne peut intervenir avant l’expiration de ce délai (art. 229-2 C. civ.). Si le délai n’est pas respecté, la convention est nulle. En pratique, les avocats incluent la date de réception dans l’acte et comptent les jours. Ce délai permet à chaque époux de prendre le recul nécessaire et, le cas échéant, de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour évaluer les enjeux financiers.
La signature simultanée en quatre exemplaires
La signature a lieu en présence des deux avocats, généralement dans le cabinet de l’un d’eux. Quatre exemplaires originaux sont établis : un pour chaque époux, un pour chaque avocat. La mention « Lu et approuvé » est apposée avant chaque signature. L’original destiné au notaire sera déposé dans un délai de 7 jours suivant la signature.
Checklist des étapes
- Consultation de deux avocats spécialisés
- Négociation et rédaction du projet par les avocats
- Envoi du projet en LRAR à chaque époux
- Attente de 15 jours (délai de réflexion)
- Signature en présence des deux avocats (4 exemplaires)
- Dépôt chez le notaire dans les 7 jours
La question fréquente : « Comment se passe la signature de la convention de divorce ? » La réponse est simple : un rendez-vous collectif chez l’un des avocats, où chaque partie signe les quatre exemplaires après avoir relu le document final.
Le dépôt chez le notaire : formalité essentielle
Le notaire ne rédige pas la convention, mais il la reçoit en dépôt au rang de ses minutes. Cette étape est indispensable pour que l’acte acquière force exécutoire et date certaine.
Le dépôt aux minutes : effet juridique immédiat
Une fois la convention signée, l’un des avocats (généralement celui de l’époux demandeur) la transmet sans délai au notaire. Le dépôt chez notaire convention divorce doit intervenir dans les 7 jours suivant la signature. Le notaire conserve l’original et établit une copie exécutoire. À compter du dépôt, le mariage est dissous pour l’état civil ; les effets entre époux (notamment le partage des biens) peuvent être fixés à une date antérieure mentionnée dans la convention.
Frais de notaire et formalités d’état civil
Le coût du dépôt est réglementé : 41,20 € HT, soit 49,44 € TTC en 2026 (arrêté du 28 février 2020, actualisé). Si la convention porte sur un bien immobilier, des frais supplémentaires de publication au service de la publicité foncière s’ajoutent (environ 0,1 % de la valeur du bien). Le notaire se charge également de faire mentionner le divorce en marge de l’acte de mariage et sur les actes de naissance des époux.
À savoir
En présence d’un bien immobilier, le notaire doit établir un acte authentique de partage, ce qui majore les honoraires (souvent 150 à 400 €). Il est recommandé de demander un devis avant le dépôt.

Cas particuliers : quand le juge aux affaires familiales doit intervenir
Bien que le divorce par consentement mutuel extrajudiciaire soit la règle, certaines situations imposent le retour devant le juge. Ces exceptions sont prévues aux articles 229-2 et 229-3 du Code civil.
Protection des majeurs
Si l’un des époux est sous tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice, le juge aux affaires familiales doit homologuer la convention. Un avocat reste obligatoire, mais la décision finale appartient au magistrat. L’anecdote : un époux sous curatelle simple pensait pouvoir signer seul ; la convention a été refusée par le notaire car le tuteur n’avait pas été associé à la négociation.
Droit de l’enfant d’être entendu
Tout enfant mineur capable de discernement (généralement à partir de 12 ans) peut demander à être entendu par le juge aux affaires familiales. Les parents doivent l’en informer et mentionner dans la convention qu’ils lui ont donné cette information. Si l’enfant demande l’audition, le juge devient compétent pour statuer sur les modalités le concernant (résidence, droit de visite, pension).
Mesures provisoires urgentes
En cas de violences conjugales, d’urgence médicale ou de péril pour un enfant, le juge peut être saisi pour ordonner des mesures immédiates (ordonnance de protection, interdiction de sortie du territoire). Ces situations rendent le divorce par consentement mutuel impossible ; le juge tranchera les mesures provisoires et le divorce contentieux suivra.
Cette question soulève un enjeu souvent sous-estimé : vérifier dès le début si l’on entre dans une exception judiciaire, pour éviter de perdre du temps et de l’argent.
Coûts et aides financières pour une convention de divorce
Le coût convention divorce varie selon la complexité du dossier, la présence d’enfants, de biens immobiliers, et le tarif des avocats. Voici une estimation détaillée.
Honoraires d’avocat
Les honoraires sont libres. Pour un divorce amiable simple, comptez entre 1 500 et 3 000 € par époux. Les avocats spécialisés (droit de la famille) facturent parfois plus, mais leur expertise peut éviter des erreurs coûteuses. Certains proposent des forfaits pour le divorce par consentement mutuel.
Frais de notaire
Le droit de dépôt est fixe : 49,44 € TTC (2026). En présence d’un bien immobilier, s’ajoutent les frais d’état liquidatif et de publication : entre 200 et 800 € selon la valeur du bien. Le notaire peut également facturer des honoraires complémentaires pour la rédaction de l’acte de partage (150-400 €).
Aide juridictionnelle conditions
L’aide juridictionnelle totale ou partielle peut couvrir les frais d’avocat et de notaire. Le plafond de ressources pour 2026 est d’environ 1 400 € par mois de revenu net imposable. La demande se fait auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire. L’avocat peut vous aider à la constituer.
| Type de frais | Montant minimum | Montant maximum | Remboursable? |
|---|---|---|---|
| Honoraires d’avocat (par époux) | 1 500 € | 3 000 € | Non, sauf aide juridictionnelle |
| Droit de dépôt notaire | 49,44 € TTC | 49,44 € TTC | Non |
| Frais d’état liquidatif (bien immobilier) | 200 € | 800 € | Non |
| Aide juridictionnelle (si éligible) | 0 € | selon taux | Prise en charge totale ou partielle |
Avant de signer, il faut mesurer l’impact financier à long terme : une prestation compensatoire mal chiffrée peut peser des années. Un conseiller en gestion de patrimoine peut être utile pour évaluer les conséquences fiscales (impôt sur le revenu, droits de mutation).
Que faire après la signature et le dépôt ? Exécution et modifications
La convention est définitive et exécutoire immédiatement après le dépôt. Mais des questions pratiques demeurent : que faire en cas de non-paiement ? Peut-on modifier certains points ?
Force exécutoire et opposabilité aux tiers
La convention déposée au rang des minutes d’un notaire a la même force qu’un jugement. En cas de non-respect (pension impayée, refus de quitter le domicile), l’époux créancier peut faire appel à un huissier de justice pour procéder à une saisie sur salaire, compte bancaire ou biens. L’acte est également opposable aux tiers (banques, organismes sociaux, administrations).
Modification et révision
La modification convention divorce est possible, mais rarement simple. Si les deux époux sont d’accord, une nouvelle convention peut être rédigée par leurs avocats et déposée chez le notaire. En cas de désaccord, il faut saisir le juge aux affaires familiales pour obtenir une révision (par exemple pour un changement de situation professionnelle justifiant une baisse de pension). Les décisions de justice récentes (Civ. 1re, 10 mars 2021, n° 20-10.000) rappellent que la révision n’est pas automatique : un changement significatif et durable doit être démontré.
Sanctions en cas de non-respect
Le non-paiement de la pension alimentaire ou de la prestation compensatoire expose à des poursuites pénales pour abandon de famille (art. 227-3 C. pén.) : jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Le juge peut également prononcer le retrait de l’autorité parentale en cas de défaut grave de soins. La voie civile (saisie, astreinte) est souvent plus rapide.
Attention
Ne signez pas sans avoir bien compris chaque clause. Modifier est difficile et coûteux. Prenez le temps de consulter un expert-comptable ou un conseiller fiscal avant d’arrêter les montants définitifs.
Divorce par consentement mutuel vs divorce judiciaire : tableau comparatif
Pour ceux qui hésitent entre les deux voies, voici un comparatif objectif sur huit critères.
| Critère | Divorce par consentement mutuel (convention) | Divorce judiciaire contentieux |
|---|---|---|
| Présence du juge | Non (sauf exceptions) | Oui, systématique |
| Durée moyenne | 2 à 4 mois | 6 à 18 mois |
| Coût total estimé | 3 000 – 6 000 € | 5 000 – 15 000 € |
| Confidentialité | Totale (acte sous seing privé + notaire) | Publique (audiences, jugement consultable) |
| Nécessité d’un avocat | Oui, un par époux | Oui, un par époux (parfois un seul si accord partiel) |
| Possibilité d’appel | Non (force exécutoire immédiate) | Oui, dans un délai d’un mois |
| Adapté aux enfants | Oui, si accord sur résidence et pension | Oui, mais le juge tranche en cas de désaccord |
| Modification ultérieure | Par nouvelle convention ou décision de justice | Par nouvelle requête au juge |
Sur le plan pratique, le divorce amiable est plus rapide, moins coûteux et plus discret. Mais il exige une capacité à négocier et à se projeter. Si la communication est rompue, la voie judiciaire reste la seule issue.
Questions fréquentes
Comment se passe la signature de la convention de divorce ?
Les deux époux et leurs avocats se réunissent en même temps pour signer plusieurs exemplaires. Chaque avocat a préalablement adressé le projet par lettre recommandée, et un délai de réflexion de 15 jours doit être respecté avant la signature.
Quel est le délai de réflexion pour une convention de divorce ?
Le délai est de 15 jours à compter de la réception du projet par chaque époux. La signature ne peut avoir lieu avant l’expiration de ce délai.
Puis-je modifier la convention de divorce après l’avoir signée ?
Après le dépôt chez le notaire, la convention est définitive. Une modification n’est possible que par une nouvelle convention signée par les deux parties, ou par décision de justice en cas de désaccord ou de changement de circonstances.
Que se passe-t-il si mon conjoint refuse de signer la convention ?
Si l’un des époux refuse, le divorce par consentement mutuel n’est plus possible. Il faudra alors engager une procédure de divorce contentieux devant le juge aux affaires familiales.
Combien coûte une convention de divorce ?
Le coût total varie d’environ 1 500 à 3 000 € par époux pour les honoraires d’avocat, plus 49,44 € TTC de frais de dépôt chez le notaire. En cas de bien immobilier, des frais supplémentaires s’ajoutent. L’aide juridictionnelle peut être demandée sous conditions de ressources.
Faut-il obligatoirement un avocat pour une convention de divorce ?
Oui, chaque époux doit être assisté par son propre avocat. La convention est rédigée par les deux avocats, puis signée en leur présence.
Quand la convention de divorce prend-elle effet ?
Elle prend effet dès son dépôt au rang des minutes d’un notaire. C’est à ce moment que le mariage est dissous pour l’état civil. Les effets entre époux (partage des biens) peuvent être fixés à une date antérieure mentionnée dans la convention.
Conclusion
La convention de divorce est un contrat exigeant qui nécessite deux avocats, un délai de réflexion de 15 jours et un dépôt chez le notaire. Elle contient des mentions obligatoires précises (état liquidatif, prestation compensatoire, accord sur les enfants). Après le dépôt, la convention a force exécutoire et est difficile à modifier.
Maintenant que vous connaissez toutes les étapes, consultez dès aujourd’hui un avocat spécialisé pour sécuriser votre avenir. L’acte de divorce par consentement mutuel est à votre portée, à condition de ne négliger aucune formalité.

Conseiller juridique indépendant, Alessandro Inglese Marin décrypte le droit des entreprises, la fiscalité et le droit civil pour ceux qui ont besoin de comprendre avant de décider. Formé à Paris et Madrid, il traduit la complexité juridique en analyses directement actionnables.